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2003/11/26 00:20UTC

Plus de 800 paramilitaires ont déposé les armes à Medellin

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L'acte officiel de mardi n'est qu'un début dans la décision des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), prise le 15 juillet, de se rendre progressivement aux autorités. Au total 20 000 paramilitaires devront rendre les armes avant le 31 décembre 2005.

Pour la première fois en Colombie, 855 paramilitaires d'extrême droite ont déposé les armes, mardi 25 novembre à Medellin, pour réintégrer la vie civile, dans un processus sur la démobilisation de 20 000 miliciens avant 2006. Cet événement a eu pour cadre le palais des expositions de cette ville qui, avec trois millions d'habitants, est la deuxième du pays.

La paix sourit à Medellin", s'est écrié le maire, Luis Perez, face aux 855 miliciens d'extrême droite, dont seize femmes et un invalide dans un fauteuil roulant, tous au garde-à-vous pendant l'exécution de l'hymne national. Un à un, les "paras", ainsi surnommés dans le pays andin, sont venus déposer leurs armes, puis leurs gilets pare-balles et vestes kaki, sur une estrade dressée dans la grande salle du palais, lors d'une cérémonie présidée par le Haut Commissaire à la paix, Luis Carlos Restrepo.

L'ensemble de ces combattants, tous le visage découvert, devait être ensuite escorté par les forces de l'ordre jusqu'à la localité de La Ceja, près de Medellin, pour se soumettre à un programme de réinsertion à la vie sociale pendant trois semaines. "Ce processus de paix est irréversible. Nous voulons nous réincorporer à la vie civile car nous avons achevé notre mission depuis qu'en Colombie nous avons un gouvernement fort", avait déclaré auparavant Giovanni Marin, alias commandant "R".

Ce chef de guerre et ses 855 compagnons d'armes appartiennent à la milice "Cacique Nutibara", active dans les banlieues violentes de Medellin - les "communes" -, et désormais dissoute. Nutibara est le nom d'un chef indien qui avait combattu l'occupation espagnole au XVIe siècle.

20 000 PARAMILITAIRES CONCERNÉS

L'acte officiel de mardi n'est qu'un début dans la décision des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), prise le 15 juillet, de se rendre progressivement aux autorités. L'accord signé ce jour-là avec le Haut Commissaire colombien à la paix prévoit la reddition des 13 000 miliciens des AUC avant le 31 décembre 2005 avec, pour contrepartie, le renforcement des effectifs militaires et policiers dans les régions où les paramilitaires abandonneront le combat. Depuis cette annonce, 7 000 autres paramilitaires, nom membres des AUC, ont décidé de se rallier à cette initiative sans précédent. 150 autres paramilitaires se rendront le 7 décembre à Ortega (600 km au sud-ouest de Bogota), a annoncé le Haut Commissaire à la paix mardi à Medellin.

La guerre civile, avec plus de 200 000 morts depuis 1964, oppose les forces de l'ordre, les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, 17000 hommes) et de l'Armée de libération nationale (ELN, 4 500 hommes), ainsi que les paramilitaires.

Décidé à éradiquer par la force les groupes armés, sans exclure des accords de paix comme celui du 15 juillet, le président Alvaro Uribe (droite), investi en 2002, n'a pas encore réussi à concrétiser avec la guérilla un cessez-le-feu, encore moins une reddition, pas plus qu'un échange entre les 400 rebelles emprisonnés et les 900 otages des FARC, dont Ingrid Betancourt, l'ancienne candidate écologiste à la présidentielle de Colombie, enlevée le 23 février 2002.

Avec AFP


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