par
Yannine
F : En Chine, Gao Xiaosong est une célébrité. Les ballades qu’il a créées il y a dix ans sont toujours populaires auprès des jeunes. Alors que l’on attendait ses nouvelles chansons, il se tourna vers la création cinématographique et littéraire, sans tenir compte de ce qu’on peut dire de lui et ne vivant que pour lui même.
H : En Chine, quand quelqu’un est admis à l’Université de Qinghua, il a de quoi être fier, puisqu’il s’agit de l’une des deux universités les plus prestigieuses du pays. En 1991, Gao Xiaosong avait 22 ans et il était dans la 3ème année de ses études universitaires en section ingénierie électronique.
F : C’est-à-dire qu’un an plus tard, il aurait été titulaire d’un diplôme universitaire, ce qui lui aurait permis de trouver plus facilement un emploi. C’est à cette époque que Gao Xiaosong décida de quitter l’université. Il ne voulait plus continuer à étudier les technologies du radar, et voulait se lancer dans la création artistique.
H : De cette façon, il est allé poursuivre ses études à l’Institut du cinéma de Beijing pour apprendre la réalisation. Un an après il a commencé à réaliser des clips publicitaires.
F : Il ne savait pas à ce moment là qu’une bonne surprise l’attendait. Les chansons qu’il avait créées pendant ses études ont été découvertes par une société de production. Ces chansons ont été lancées et ont tout de suite rencontré un certain succès dans l’ensemble du pays. En 1994, Gao Xiaosong a sorti son premier album et débuta officiellement sa carrière dans le show-business.
H : Vous venez d’entendre une chanson appelée « Celui qui dort sur mon lit superposé», composée par Gao Xiaosong, il en a aussi écrit les paroles. C’est une chanson très simple qui décrit la force des liens d’amitié entre les étudiants et qui a eu une grande répercussion au sein des étudiants et des gens qui avaient la même expérience de vie.
F : Ce succès inattendu a rendu le jeune artiste à la fois perplexe et confiant. L’heure était venue d’oublier la pression que les parents lui avait imposé au moment où il avait décidé de quitter l’université. Revenons un peu sur ses parents, qui sont tous les deux professeurs d’université. Pour eux, même si leur fils n’avait plus aucune chance de devenir un scientifique, il n’était pas question qu’il devienne un musicien de variété.
H : En 1995, les chansons écrites par Gao Xiaosong ont remporté plusieurs prix. L’année suivante, il a créé avec d’autres musiciens la société de production Maitian (ce qui veut dire champs de blé). Il a lui-même été directeur artistique de cette société, qui était l’une des meilleures sociétés de production de l’époque. En évoquant sa décision de quitter l’université, Gao Xiaosong n’a gardé aucun regret. Ecoutons-le :
H : « Je crois que ce qui est bien en restant à l’université, c’est d’avoir le temps de réfléchir et de grandir sans avoir besoin de se soucier de la vie au quotidien. Quand on quitte l’université, la vie déboule devant soi tout d’un coup. Je crois que j’ai passé un moment agréable à l’université, je bénéficiais de tous ces avantages. »
F : Au moment où le public attendait la sortie de nouvelles autres oeuvres musicales de Gao Xiaosong, il n’écrivait déjà plus aucune chanson ; il était parti en voyage autour du monde. Il a séjourné dans une vingtaine de pays étrangers et a écrit des récits d’aventures. En rentrant au pays, Gao Xiaosong s’est retrouvé à son point de départ.
H : En 1999, il a réalisé son premier film « Alors les fleurs s’épanouissent », dont il était aussi le scénariste et le compositeur de la musique.
F : En l’an 2000, il a publié un roman, « Le visage est écrit sur le mur », qui raconte l’histoire de quelques jeunes hommes et femmes. Ils mènent une vie bien différente des autres, selon les propos de Gao Xiaosong, « tantôt ils tiennent très fort à leur réputation, tantôt ils se comportent comme des sans vergogne ». Mais, ils se sentent très à l’aise dans leur façon de vivre, une histoire insolite et un style flottant qui ont été fort appréciés par les jeunes lecteurs.
H : En 2001, Gao Xiaosong a été nommé par le plus grand site web en chinois « Sina », conseiller stratégique chargé des affaires culturelles.
F : En 2003, Gao Xiaosong a réalisé son 2ème film « Mon coeur s’est envolé ». A propos de ce film, nous devons vous signaler qu’il a été primé au Festival des films asiatiques de Lyon en France, en novembre dernier.
H : On voudrait bien savoir si Gao Xiaosong a bien trouvé sa place dans l’univers cinématographique après le succès de ses deux films « Alors les fleurs s’épanouissent » et « Mon coeur s’est envolé ». Gao Xiaosong nous a répondu que cette place, si elle existe, n’est pas le fruit d’une comparaison.
F : Il nous a confié que quand il faisait de la musique, il pensait que la notion de place était constituée de deux éléments, un en amont et un en aval. C’est-à-dire qu’en amont, il y a les investisseurs et en aval, les admirateurs. C’est la même chose pour les films. Donc il pense qu’il a sa place dans le monde du cinéma. Gao Xiaosong au micro de RCI :
H : « Avant d’atteindre l’âge de trente ans, j’ai réalisé des films, j’ai écrit des romans et des recueils, j’ai aussi donné de concerts pour ma musique et j’ai visité beaucoup de pays étrangers. C’est-à-dire qu’à trente ans, l’heure de réaliser mes rêves est passée.
F : Gao Xiaosong nous a confirmé qu’il a quitté l’universitée à cause de de sa passion pour la musique de variété. Comme il était fortement intéressé par le 7ème art, il s’est lancé corps et âme dans le tournage de ses films. Finalement, influencé par sa famille, il a choisi de se tourner à l’avenir vers le métier d’enseignant. Il pense qu’on doit vivre pour soi même et on ne doit jamais se laisser manipuler par les conceptions traditionnelles. Gao Xiaosong une dernière fois au micro de RCI :
H : « Quant on veut faire quelque chose, ce n’est pas pour avoir une belle maison ou une autre voiture. On a besoin de faire quelque chose d’intéressant dans la vie. Quand on fait quelque chose d’intéressant, on est motivé. Si, au contraire, on fait quelque chose juste dans le but d’avoir une maison encore plus grande, on ne contribue pas à la société. Que chacun fasse ce qu’il lui plait, c’est comme ça qu’on fera progresser la société. »